du 16
Oct.
au 19
Oct.
photo concert
direction Edmon Colomer

musique symphonique

Richard Strauss
Metamorphoses - pour 23 cordes solo
Ludwig van Beethoven
Symphonie n°3

Plus ou moins en délicatesse avec le régime nazi, « le plus grand compositeur d’Allemagne » vécut très mal les dernières années de guerre. Surtout, la destruction, sous les bombes alliées, des opéras de Dresde et de Munich en 1943 l’avait profondément affecté.

Les Métamorphoses pour 23 instruments à cordes, écrites en mars-avril 1945, portent la trace de cette souffrance, aussi bien par une mention explicite figurant sur la partition (« Deuil pour Munich ») que par les citations de la Marche funèbre de « l’Héroïque » de Beethoven.

En même temps, par la majestueuse complexité de son écriture, cet immense lamento affirmait la pérennité de la tradition germanique dont Strauss se pensait l’ultime dépositaire. De ce point de vue  le titre même de « Métamorphoses », qui se réfère aux « transformations  thématiques » de l’œuvre, résonne aussi comme fort proche de celui d’un des poèmes symphoniques de l’orgueilleuse jeunesse du compositeur : Mort et Transfiguration.

Créée à Vienne le 7 avril 1805,  la Symphonie en mi bémol est aussi, en un sens, une musique de deuil, On sait en effet que Beethoven, qui avait à l’origine dédié sa symphonie à Bonaparte, s’était senti trahi quand il apprit que le « héros libérateur » s’était fait sacrer empereur. Aussi avait-il rageusement biffé sa dédicace initiale et substitué à la « Marche triomphale » du second mouvement la noble et terrible Marche funèbre que nous vénérons aujourd’hui… Ainsi « l’Héroïque »,  cette œuvre folle et démesurée pour l’époque, nourrie  de tant d’innovations, est également porteuse d’un message éthique, sinon politique.

L’Orchestre de Picardie est en résidence à la Maison de la Culture d’Amiens.

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