clarinette Michel Corenflos
basson solo Alain Mussafia
cor solo Tudor Ungureanu
violon solo super-soliste Zbigniew Kornowicz
violon solo Joanna Rezler
violoncelle solo Laurent Rannou
contrebasse solo Olivier Talpaert

musique de chambre

Conradin Kreutzer
Septuor
Friedrich Witt
Septuor en fa majeur pour cordes et vent

La phénoménale popularité au XIXème siècle du Septuor en mi bémol de Beethoven (1802) incita nombre de compositeurs à s’inspirer du même modèle.  L’allemand Conradin Kreutzer (1780-1849), qui fit une bonne part de sa carrière à Vienne, connut le succès avec son opéra Une Nuit à Grenade mais était aussi très renommé pour sa musique de chambre.

Son Septuor pour clarinette, cor, basson, violon, alto, violoncelle et contrebasse (1822), est, formellement, presque un calque de celui de Beethoven : même tonalité, même formation, même nombre (six)  de mouvements… Cependant, une toute autre sensibilité s’en dégage, plus proche premier romantisme « à la Weber » que du classicisme résolu du jeune Beethoven.

Comme on pouvait s’y attendre, les instruments à vent sont très sollicités notamment dans les beaux mouvements lents (Adagio et Andante). Mais on remarque tout autant le rôle prépondérant du violon notamment quand il se lance dans des « airs et récitatifs » de style italianisant… Bref il y a un prenant « charme d’époque » dans cette musique et l’on fait confiance aux solistes de l’Orchestre de Picardie pour en restituer toute la saveur et la convivialité.

Publié en 1817 et probablement composé encore par référence à Beethoven, le Septuor de Friedrich Witt (1770-1836) présente une formation légèrement différente (un second violon est ajouté) et n’a que quatre mouvements. Non moins passionnante que celle de Kreutzer, l’œuvre nous ramène  directement dans l’univers musical de la fin du XVIIIème siècle. Par sa franchise rythmique et mélodique, la superbe santé de sa facture classique, le Septuor en fa nous fera plus d’une fois penser à Haydn et Mozart, des modèles dont le très oublié Friedrich Witt était loin d’être indigne.