le 21
Sep.
dans le cadre du Festival de Laon
photo concert
directeur musical Arie van Beek

musique symphonique

Georges Bizet
L'Arlésienne - Suite n°1
Georges Bizet
L'Arlésienne - Suite n°2
Johannes Brahms
Concerto pour piano n°2

« Scènes partagées » est un dispositif conçu en 2010 par l’ADAMA (Association pour le Développement des Activités Musicales dans l’Aisne) avec le soutien du Conseil départemental de l’Aisne. Il vise à associer des artistes participant au Festival de Laon et des musiciens enseignant dans les écoles de musique et conservatoire du département, autour de la production d’un programme de concert. En l’occurrence, les musiciens de l’Aisne accueillis par l’Orchestre de Picardie sont choisis parmi ceux encadrant également les orchestres Démos du Saint-Quentinois et du Soissonnais, ou animant différents projets départementaux de pratiques collectives.

 

Le très sensible Adam Laloum, l’un de nos pianistes les plus recherchés aujourd’hui, aborde l’immense Second Concerto de Johannes Brahms (1881). Avec ses quatre mouvements (au lieu des trois traditionnels), et surtout l’ampleur et la complexité foncière de son discours, l’œuvre a tout du « monstre » en effet. Mais, par une sorte de prodige typiquement brahmsien, ce gigantisme ne pèse aucunement, ces méandres ont des allures de sentiers fleuris, ce fleuve de musique ne cesse de miroiter au soleil de la plus pure poésie romantique.

Autre climat, autres couleurs, autre univers que la musique de Bizet… On sait pourtant que Brahms fut un des plus fervents « supporters » de Carmen qu’il vit un nombre incalculable de fois…En tous cas,  la vie serait moins belle sans ces deux suites de l’Arlésienne, tirées de la musique de scène pour la pièce homonyme d’Alphonse Daudet (1872)

Utilisant des airs traditionnels provençaux (la « Marche des Rois », la « Farandole »), recréant un menuet champêtre ou le carillon d’une fête de village, Bizet dresse la  toile d’un décor ancestral, à la fois exotique  et familier où la couleur « régionaliste » donne prétexte à mille saveurs harmoniques et orchestrales aussi fortes que subtiles.

Certaines pages (comme le « thème de Frédéric » du Prélude, aux cordes frémissantes de passion) soulignent l’étreignant lyrisme de l’auteur de Carmen, d’autres semblent puiser leur poésie à on ne sait quelle ineffable mélancolie connue du seul musicien : Ainsi du sublime Adagietto pour cordes qui a peut-être inspiré à Mahler (autre grand admirateur du musicien français) un autre célèbre Adagietto, celui de sa Cinquième Symphonie.