musique symphonique

Bedřich Smetana
Vltava (Moldau), extrait de Ma Vlast
Guillaume Lekeu
Barberine - ouverture de l'acte II
Gabriel Fauré
Ballade pour piano et orchestre op.19
Johannes Brahms
Symphonie n°3 en fa majeur op.90 - 3ème mouvement

Une belle et rare page symphonique ouvre le concert de la quatrième édition de Tutti pro, l’Académie d’orchestre pilotée par l’Orchestre de Picardie. Mort à 24 ans, et laissant une œuvre mince mais d’une grande intensité expressive, le compositeur d’origine belge Guillaume Lekeu (1870-1894) n’aura pu mener à bien l’opéra qu’il projetait d’après Barberine, une comédie « médiévale » d’Alfred de Musset.

Reste cependant ce Prélude de l’acte II (1890) où, par-delà l’influence attendue de Wagner, se dessine, dans une ambiance légendaire et symboliste, un émouvant portrait de femme, comparable à la future Mélisande de Debussy-Maeterlinck.

Le nom de Wagner est parfois cité à propos de la Ballade pour piano et orchestre de Gabriel Fauré (1881) qui aurait été composée après une représentation de Siegfried. Et il n’est pas interdit d’écouter cette pièce pleine de charme comme une « traduction française » perlée, rayonnante et méditerranéenne des Murmures de la Forêt.

Un autre charme, plus directement germanique, empreint le fameux Poco Allegretto de la Symphonie n°3 de Johannes Brahms. C’est une des plus belles inspirations mélodiques du compositeur, un « soupir en forme de valse », éperdument sentimental et pourtant d’une merveilleuse élégance aérienne…

Composé en 1874, le second des six poèmes symphoniques du cycle Ma Vlast (Ma Patrie) de Bedřich Smetana, La Moldau (Vltava en tchèque, du nom du fleuve qui traverse Prague) doit une bonne part de son exceptionnelle réussite à l’interpénétration profonde de l’affirmation nationale tchèque et du sentiment de la nature qui s’y révèle. Son thème principal, véritable « hymne national », reste dans toutes les mémoires. Mais on admirera par exemple, entre autres épisodes de la vie du fleuve, la description de ses rives : scènes de chasse, polkas paysannes, nocturnes aquatiques et sylvestres, bouillonnement des eaux, s’y succèdent avec une fraîcheur du regard, un « réalisme enchanté » qui n’ont jamais été égalés.